DSCN8802Nous sommes le dimanche 23 août 2015 et après trois mois d’interruption, je reviens sur mon blog pour conclure mon voyage asiatique de trois ans et demi. La rédaction et la publication sont encore en décalé mais ça n’a plus tellement d’importance.

Je suis de retour en Iran. Je m’installe à Mashhad, chez mon ami Babak pour étudier le persan, travailler avec lui sur plusieurs projets qui nous tiennent à cœur, me ressourcer, me renouveler et réfléchir à la suite. Le rêve et les océans sont mes préoccupations du futur. L’Afrique est toujours dans ma ligne de mire. Le vélo est une composante essentielle de toutes mes réflexions, de plus en plus souvent accompagné d'un voilier, mais chut, l'avenir doit encore nous réserver des surprises.
Mon blog va se reposer pendant quelque temps et se verra sans doute accompagné d'autres moyens de partage plus tard.

Je vous ai laissés alors que j'arrivais tout juste en Arabie, que mes parents étaient partis voir mon frère en Australie, que je passais 15 jours seul à courir tous les matins et ėcrire tous les jours, toute la journée.

Je ne vais pas m’attarder sur l’Arabie car j'espère bien que Mamisa vous racontera ses histoires un de ces jours, avec son humour que nous apprécions tous. Je me contente d’un cour résumé de ma vie là-bas, sans analyse critique du pays (comme j'en ai l’habitude).

 

DSCN8766J’ai participé à la kermesse de l'école française d'Al-Khobar. J’y ai gagné un super méga ordipoche... moi qui voyageais sans téléphone, me voila paré pour ma future vie de sédentaire en Iran. Ma mère accepte que je le revende uniquement pour en acheter un autre. Je ne vais quand même pas m’emprisonner chez Google ou Apple. Si je dois avoir un fil à la patte, autant qu'il soit le plus lâche possible, j'opte pour Firefox OS de la fondation Mozilla.

J’ai offert trois conférences aux élèves de l’école primaire et du lycée français d’Al-Khobar. Pour la première fois, j’ai aussi offert une conférence aux adultes, aux parents et professeurs des élèves. Et pour la première fois j’ai fait passer un chapeau pour offrir la possibilité à mon public aisé de pouvoir contribuer financièrement à Ecole, World y Camino.

DSCN8800J’ai rencontré des gens super sympa (désolé j'ai peu de photos d'Arabie Saoudite...) que je souhaite nommer ici pour l’amitié que nous avons pu tisser sur place, Christina et François qui m’ont accueilli et hébergé avec chaleur, Barbara et François à qui je souhaite de continuer à toujours voir le meilleur des lieux où ils s’expatrient, Rima pour son affection sincère et son humour franc et Danielle pour sa bonne humeur permanente.
Dois-je mentionner mes parents ? Je pense qu’ils savent oh combien j’étais content de les voir avant qu’eux, comme moi, nous partions pour de nouvelles aventures.
Je ne t’ai pas oublié Miguel (j'espère que ta photo te plaira, je n'en ai pas d'autres :-).
C’est Miguel qui m’a ouvert les portes de l’Arabie. Libanais arabo-franco-anglophone, fondamentalement curieux, des gens et du monde, chaleureusement accueillant, toujours de bonne humeur, calme et souriant, végétalien, c’est mon ami !

DSCN8813Avec lui, nous avons voyagé à Ryiadh et alentours, nous sommes allés à la rencontre de quelques locaux (visite d’une ferme de dattes où nous nous sommes vu offrir une quantité industrielle d’excellentes dattes fraîches), il m’a présenté des ami(e)s à lui. Il m’a appris quelques recettes végétaliennes. Plusieurs fois c’est le soleil qui nous a envoyé au lit alors que nous échangions des idées, des chansons, des souvenirs…
Il a ravivé ma curiosité pour ce petit (par la taille seulement) pays qu’est le Liban, ce grand pays de voyageurs, de navigateurs, ce « fourre tout » du moyen orient où l’on peut y trouver autant de cultures que de racines à nos civilisations judéo-christiano-gréco-romaine en méditerranée.
Malheureusement, ce ne sera pas pour cette fois.
Une fois en Jordanie, je ne peux me rendre au Liban que par avion (il n’y a plus aucun bateau transportant des passagers qui se rend en Égypte depuis que Daech est dans le coin) et quitter le Liban pour la Turquie ne serait pas une mince affaire non plus.

Je découvre en creusant l’affaire que se rendre en Égypte maintenant n’est pas franchement une bonne idée, non pas que le Caire ou Alexandrie ne soit pas sûr, mais la traversée du Sinaï elle ne l’est pas du tout.
J’hésite alors une seconde à même me rendre en Jordanie car cela signifie que je vais de toute façon devoir prendre l’avion pour en sortir. Déjà que j’apprends avec horreur que, tout comme j’étais obligé d’entrer en Arabie par avion, je dois en sortir par avion uniquement…

DSCN8827Je n’hésite pas longtemps, la mer morte, l’ultime espoir de guérir mon eczéma, pèse bien lourd dans la balance et renvoie au placard toutes les raisons environnementales, éthiques et honorables que je peux imaginer.

J’ai enfin lu le « Journal d’Anne Frank ». Quel grand livre!
J’ai pleuré ! Pourtant je connaissais l’histoire, mais la lire... être Kitty, partager sa vie dans les moindres détails, ses émotions, ses envies, ses sentiments, sa sexualité, ses désirs, la connaître vraiment, plus encore que bien des personnes que nous appelons banalement « amis », c’est déchirant !
C’est terrible aussi car le monde a perdu une idéaliste, une féministe avant l’heure, une humaniste, une noble rebelle, une progressiste, et tout ça à un si jeune âge…
J’ai haï l’Histoire, le monde et la brutalité humaine comme je ne l’avais pas ressenti depuis que j’avais vu « Oh Jérusalem ».

Heureusement, « Mémé » de Philippe Torreton m’a apporté un peu de fraîcheur.

DSCN8907J’arrive le mercredi 1er juillet 2015 à 22h à l’aéroport international d’Amman, la capitale de la Jordanie. Le visa est de 40 JOD à l’arrivée (50€). Je suis accueilli par des acclamations, de la musique et de la danse dans le hall de l’aéroport. Ah non, ce n’est pas pour moi, c’est une mère qui accueille son petit qui revient au pays. En revanche, je suis accueilli par Mohammad et son ami Ashraf, deux jeunes jordaniens qui sont venus me chercher à l’aéroport. Ils ne peuvent pas m’héberger mais ils tenaient à me rencontrer et m’accueillir. Ils sont adorables. Ils m’emmènent changer la monnaie, acheter ma carte sim jordanienne et contactent tous leurs amis pour trouver quelqu’un qui pourrait m’héberger.
C’est Al-Hussein qui répondra présent. Jordano-roumain, sa mère vit en Roumanie. Il a travaillé sur plusieurs projets sociaux sympas avant de monter sa boîte. Aujourd’hui, c’est un businessman très occupé, au grand coeur.
La nuit fut courte avec mes nouveaux amis.

DSCN8899Je passe ma première journée à l’université d’Amman. Après trois mois de sable, de chaleur, de soleil accablant, confiné dans des boites (im)mobiles et de groupes de fantômes noires, je me ressource dans la pinède, à l’air libre à regarder les filles habillées à l’européenne, très souvent ne portant même pas le voile (les chrétiennes). Il y a même des amoureux qui discutent dans leur coin.!

J’appelle Ashraf, mon hôte de Madaba qui a accepté de m’héberger pour une semaine au moins, peut être le mois entier pour que je puisse me rendre à la Mer morte tous les jours.
« Salut Ashraf, je suis à l’université d’Amman »
« Moi aussi, portes tu un petit sac multicolore ? Si oui, je suis juste derrière toi »
Pas mal comme rencontre, non ?
Nous passons le reste de la journée ensemble à discuter de tout et de rien.

DSCN8940Le lendemain, Al-Hussein s’excuse de ne pas pouvoir m’héberger plus longtemps mais il doit quitter Amman. Il me propose de me conduire en voiture à Madaba et de me faire visiter en route, et notamment de passer par la route panoramique de la Mer morte. Décidément, l’hospitalité arabe est telle qu’on me l’avait décrite.

Un petit mot sur la Mer morte. Je m’y rends pour y faire des bains de boue afin de tenter de guérir mon eczéma. Je ne sais pas quelle image cela crée dans votre tête mais moi, une mer « morte » avec de la « boue », je m’attendais à un horrible marécage salé…
Elle est magnifique ! La Jordanie est un pays plutôt élevé en altitude, sauf la Mer morte qui se situe en dessous du niveau des océans. On s’y rend donc par des routes de montagne qui offrent des vues époustouflantes. Je ne me suis jamais lassé un seul jour des beautés de ces paysages contrastés, de ces collines rocailleuses peu fertiles , qui encadrent cette mer d’une couleur si vive qu’on a du mal à croire qu’elle n’abrite pas la vie.
DSCN8952Elle est extrêmement salée, plus que vous ne l’imaginez ! Le sel est visible dans l’eau. Quand l’eau est troublée, par votre main, une pierre, un épais fluide se forme. L’eau est dense ! D’ailleurs, tout le sel n’arrive pas à se dissoudre et il est très facile de trouver des blocs de sel au fond de l’eau.
La question n’est pas de savoir si on flotte mais plutôt de savoir s’il existe une technique pour plonger. En prenant une grosse pierre entre mes pieds, je pouvais quand même faire la planche.

Ashraf m’accompagne pour mon premier jour à la mer morte afin de me montrer Zara Hot Spring, une plage gratuite d’accès, où l’on peut trouver de la boue et qui abrite une source d’eau chaude où l’on peut se rincer. C’est donc là que je me rends tous les jours suivants. C’est un peu loin, plusieurs km après la zone des hôtels (hors de prix) qui se trouve déjà à trente km de Madaba. Il faut donc une bonne heure de stop pour s’y rendre car la route de montagne que j’emprunte, celle qui passe par le Mont Nebo est bien pentue et n’est pas très passante.

DSCN8964Le Mont Nebo est le lieu depuis lequel Moïse aurait contemplé le pays offert par son dieu à son peuple, mais qu’il lui était interdit de fouler car puni par ce même dieu. Il serait mort dans le coin. Mon trajet quotidien passait aussi pas loin du lieu où Jésus aurait été baptisé par son cousin Jean. J’ai visité le Mont Nebo mais pas le site du baptême qui m’a été déconseillé par les locaux (un simple ruisseau boueux, résidu de ce qu’Israël ne bloque pas) et qui coûtait trop cher à l’entrée, 20€.

Je ne reste que quelques jours chez Ashraf, car son père est un type désagréable qui n’apprécie pas grand monde et surtout pas les intrus.
Ashraf m’envoie chez ses cousins Ghaith et Victor chez qui je reste deux semaines.
Ils partagent tous les trois une passion pour la musique. Victor et Ashraf sont même étudiants en musique, en ce moment en vacance. Ghaith, lui, travaille pour une compagnie d’assurance. Son rêve : partir voyager! Alors il a beaucoup de questions à me poser.

DSCN8973La plupart des matins, je pars tôt, je me rends à la Mer morte et je suis de retour vers 14h. La liste de mes conducteurs est très longue. Cependant, il y a une femme dont je souhaite vous parler, d’abord parce que c’est la seule femme depuis bien longtemps à m’avoir pris en stop, ensuite parce qu’elle l'a fait deux fois, et enfin, car elle m’a invité à venir partager un déjeuner en famille, le traditionnel Mansaf (de l’agneau cuit dans un « yaourt » très spécial (séché puis réhydraté)). C’était excellent!

J’ai pris la décision de lire la Bible pendant que j’attends mes conducteurs du jour. Pour l’instant, j’ai beaucoup de mal à digérer l’ancien testament, un ensemble d’histoires brutales et violentes, déconnectées de toutes morales modernes, qui fait l’apologie du « respect », dans le sens de la soumission et non d’une compréhension mutuelle, et de la crainte de la punition… où Dieu serait un « être » (déjà très discutable puisque immanent) au comportement humain des plus méprisables, colérique, jaloux, intolérant, méprisant, égoïste, fier, pervers… à l’opposé des vertus tel que l’amour, la sagesse, la compassion... il n'est même pas vraiment miséricordieux, il ne tue pas Moïse immédiatement quand il désapprouve une de ses actions car il a « besoin » de lui mais il lui interdit d’entrer en Israël et le fait mourir aux portes du pays qu’il lui a pourtant promis plus tôt. J’ai failli oublié que ce dieu ne respecte pas ses promesses…

IMG 1648 AzzamAvec Ghaith, j’organise un trek le long d’un canyon. Nous hébergeons pour l’occasion Kathy, une allemande activiste pour la cause palestinienne, son copain Khalid et Fayez, le cousin de Khalid. Elle m’a contacté sur CS après que j’y ai publié l’idée du trek. Ashraf et deux autres amis se joignent à nous, Azzam et Majed. Seul Victor ne vient pas. Ce fut une journée formidable, un peu difficile pour certains qui n’ont pas l’habitude de randonner. Se baigner dans le wadi (rivière temporaire dépendante de la météo), quelle récompense.

Ghaith, Victor et Fahed, le frère de Majed, forment un groupe de musique. Ghaith joue de la guitare, Victor est au synthé et Fahed est Beat-boxer. Ils répètent régulièrement pour un concert auquel j’ai le plaisir d’assister. Encore amateur, c’est tout de même de bonne qualité. Ils m’amusent avec leur rêve de grandeur alors qu’ils ne font que commencer. Ils n’ont pas vraiment conscience de la concurrence. Je les y confronte en leur lançant le défi de réaliser un enregistrement et un clip. Ils découvrent alors, par eux même, l’importance du métronome et le travail que ça demande.

IMG 1838 AzzamPour ma part, je fais enfin des analyses médicales. Depuis l’Inde, plusieurs symptômes ne m’ont pas quitté et m’inquiétaient par leur persistance. Malheureusement l'ensemble des symptomes laissaient penser à une MST, hors, en Iran, à Dubaï ou en Arabie Saoudite, MST signifie reconduite à la frontière. Si je suis plutôt du genre à toujours prendre mes précautions, les accidents arrivent, et le doute trotte dans la tête. C’est même parfois angoissant. Je ne savais pas comment en parler, car « parler de quoi », de « qui », de « où » etc alors que je n’avais pas les réponses, c’est embarassant.

Il s’avère que les symptômes venaient de plusieurs problèmes différents, tous liés à l’hygiène en Inde dont le plus embêtant, un parasite coqué (je ne suis pas sûr du bon terme mais en gros, ça signifie qu’il est très résistant). Le médecin m’administre alors une injection dans un muscle (une seringue) et une injection intraveineuse (toute une bouteille en goutte à goutte). Je dois en plus prendre tout un tas de médicaments et dans un mois, je dois refaire des analyses pour vérifier que tout est OK. Je dois les faire dans quelques jours.

Conséquence notable dès le lendemain, je redécouvre, après plus d’un an et demi, la véritable consistance du caca, fini la bouillie…
Sensation… surprenante !
Les boutons purulents que j’associais naturellement à l’eczéma s’estompèrent peu à peu...

DSCN9126J’initie Ghaith et Majed à l’autostop. Nous partons trois jours au nord de la Jordanie, du côté d’Ajloun.
Il faudrait que je retourne en Turquie pour vérifier mais il me semble bien que la Jordanie détrône la Turquie quant à la qualité de l’autostop. Nous n’avons jamais attendu ! Et les gens ont toujours fait leur maximum pour nous faciliter notre déplacement.
Nous avons campé une nuit dehors avec un feu de camp bien surveillé car j’ai toujours cette trouille des feux de forêt, surtout dans cette pinède jordanienne qui ressemble tellement à la Provence.
Pour notre seconde nuit, nous sommes invités à dormir au monastère de « La Dame de la Montagne ». Nous sommes accueillis par des prêtres sud-américains (ce soir là, c’était moi le traducteur, ça change un peu). Guitare, flûte de pan, chansons, une belle nuit.

DSCN9167Je vous passe les joyeusetés administratives du renouvellement de mon visa jordanien qui a eu lieu alors que mon passeport était jalousement conservé par l’ambassade iranienne. Je vous fais grâce aussi des blagues iraniennes…
En effet, comme vous le savez, j’ai pris la décision de mettre mon voyage autour du monde en pause et de prendre une année sabbatique pour apprendre le persan et glaner quelques sous. Puisqu'il n’est pas sage de continuer vers l’Afrique et qu’il n’y a pas d’autres moyens, en ce moment, de quitter la Jordanie autrement que par avion, autant, m’envoler directement vers l’Iran. J’aurais adoré faire un crochet par le Liban mais pour des raisons financières et de gestion du temps avant les débuts des cours universitaires, je ne me l’autorise pas.

Mon coup de cœur cinématographique du moment est une animation brésilienne qui s’appelle « Le Garçon et le Monde », une merveille !

DSCN9248J’ai aussi été volontaire pour une petite association environnementale au sud de la Jordanie mais ça ne s’est pas très bien passé. J’étais la plupart du temps livré à moi même sans rien à faire dans un village ultra conservateur, plutôt hostile à toute liberté prise vis-à-vis du code de conduite coranique, même de la part d’un étranger. Avec mes shorts, mes sandales, mes T-shirts et mon regard curieux, je ne me fondais pas très bien dans le décor.
Le président de l’association étant désormais occupé par d'autres projets à d’ailleurs décidé, après moi, de cesser d’accueillir des volontaires.

Heureusement, l’accueil en famille était très chaleureux et gentil. Je me suis notamment beaucoup amusé avec Ahmad, le neveu du président de l’association, un petit garçon de trois ans qui ne demande qu’à jouer.

Je passe mes derniers 10 jours chez Khaleel, un ami de Ghaith, Victor et Majed chez qui nous allions régulièrement. Ses parents sont en Allemagne pour voir ses sœurs.
Nous passons le plus clair de notre temps à parler de tout et de rien.
Son rêve pour la retraite, avoir des vignes en France, faire son propre vin et le déguster chaque soir.

Avis à tout propriétaire de terrain viticole en France, il adorerait venir passer un mois (et plus si possible) pour du wwoofing chez vous.

Le jeudi 13 août au soir, Khaleel et Majed m’accompagnent à l’aéroport. Après un long transit à Dubaï, j’arrive le vendredi 14 août à 20h à l’aéroport international de Mashhad. Mon ami Babak est venu me chercher ! J’avais une otite depuis 3 jours, un mal de tête et envie de vomir (cette dernière ne m’arrivant jamais). Pourtant, je me sentais bien, heureux d’avoir pris cette décision et excité des nouvelles aventures à venir en tant qu’expat' (et non plus voyageur).

Ainsi se terminent mes trois ans et demi de voyage en Asie.

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