DSCN3909Mohammed Nabi Ali, que j'appelle Baba (père), le père de Gaddar est venu avec son neveu, Sadikol, m'attendre au bureau de Golam Horshed. Quand nous arrivons, après les présentations d'usage, je repars avec ma nouvelle famille, dans ma nouvelle maison. La situation est assez cocasse.
Gaddar, mon ami jardinier, mon désormais frère, rencontré à Ipoh, est toujours bloqué là-bas. Son "agent", comprendre l'ignoble exploiteur qui prend les passeports dès l'arrivée des pauvres travailleurs étrangers en leur promettant monts et merveilles, ne veut pas lui rendre le sien, et ce depuis septembre (on est en mai). Il ne peux donc pas rentrer au pays pour voir son père souffrant. Il m'a demandé de lui rendre visite.
Dans la culture musulmane, recevoir quelqu'un chez soi est un honneur, un voyageur, un plaisir, un fils, un bonheur, et si par malheur on ne l'a pas vu depuis longtemps (dans mon cas jamais, mais frère du fils, je suis fils), c'est une réjouissance. Ainsi donc, nous trois, Baba, qui ne parle pas un mot d'anglais, Sadikol qui peut traduire un peu, et moi faisons connaissance en étant introduit par Gaddar au téléphone.
Je chamboule tout leur plan en refusant, poliment mais fermement, d'aller dormir à l'hotel qu'ils avaient réservé, sous prétexte que leur maison n'est pas adéquate pour recevoir un jeune européen. Je sais que je leur fait plaisir en honorant leur maison.

DSCN3619Le vendredi 2 mai après-midi, à une station de métro de Kolkata, j'ai rendez-vous avec Pankaj. Nouveau sur CS, il veut faire bien. Il en fait beaucoup. Dès le premier soir, il m'a fait visiter tout le sud de la ville, a demandé à sa mère de me faire goûter ses meilleurs plats, et me propose un emploi du temps digne d'un tour opérator. Fatigué par mes nuits précédentes, je remets à dimanche notre sortie à la mer et nous passons beaucoup de temps à discuter. Ancien fan inconditionnel de cricket, de film Bollywood et entrepreneur avide, il a eu une révélation un jour en lisant un poème. Aujourd'hui, il blâme le cricket et Bollywood d'être les opiums de la société indienne. Il a entrepris une transformation personnelle en regardant un film d'auteur par jour depuis un an déjà (il connait bien mieux que moi les acteurs, actrices et réalisateurs européens), en apprenant la guitare depuis 3 mois et en s'inscrivant sur couchsrufing (depuis 15j, je suis son premier invité). Son rêve aujourd'hui, devenir réalisateur!

 Le journal The Hindu, à Hyderabad, m'a interviewé le jour de mon anniversaire et vient de publier son article sur mes aventures. C'est en anglais.

pour télécharger le pdf, c'est par ici

et pour le lire sur le site du journal, c'est par ici.

DSCN3039Le mardi 1 avril 2014, j'arrive à Auroville, à pied.
Avec Tyler, nous avons pris un bus pour Aurobeach. De là, il y a 7 kms pour rejoindre Auroville. Pas de bus, uniquement des auto-rickshaws qui coûtent très cher, donc nous marchons. Il fait chaud mais la conversation est bonne alors le temps passe vite. Nous arrivons au Centre des visiteurs vers midi. On nous propose de visioner une courte vidéo qui présente le Matrimandir, le bâtiment en forme d'oeuf, central, qui représente la quête spirituelle d'Auroville, ainsi qu'une introduction à la Charte d'Auroville rédigée par la Mère et lue par la Mère lors de l'inauguration d'Auroville en 1957 (à vérifier). La Mère, française d'origine, fut la compagne spirituelle de Sri Aurobindro, un des plus grands penseurs et poètes indiens de la première moitié du 20°s, il fut aussi un des principaux acteurs del'indépendance de l'Inde.
"Auroville n'appartient à personne en particulier mais à l'Humanité dans son ensemble". Pour être aurovillien, il faut adhérer au Yoga du travail et être un chercheur de la Vérité. Dit autrement, un aurovilien travaille pour offrir le meilleur de lui même à la communauté sans attendre de récompense pour cela, et il doit travailler en lui, une supra-spiritualité indépendante de toutes religions. Auroville est un lieu d'expérimentation pour l'apparition d'une nouvelle "forme" humaine, une nouvelle humanité qui ne se base pas sur la compétition, la confrontation (en elle mais aussi contre la nature), mais plus harmonieuse...
Ce sont mes mots à moi, de ce que j'ai compris et réussi à reformuler du message et de la vision de la Mère. Pour en savoir plus, je vous invite à vous renseigner sur le site internet d'Auroville.

DSCN2275Après un voyage en train très tranquille, en compagnie d'une agéable famille de bangalais qui m'a invité à venir les visiter à Dhaka, je suis confronté à l'enfer de Chennai. Heureusement, avant de sortir de la gare, je rencontre Aki, un japonais et Alex, un israélien. Je passe la soirée avec eux, d'abord à galérer pour trouver un point internet pour Alex puis à trouver une chambre convenable à un prix abordable. Alex, après plusieurs mois de voyage dans le sud, fuit la chaleur en partant vers le Nord. On prend ainsi le temps d'échanger nos expériences et je prépare avec lui un petit itinéraire en notant les bons plans qu'il connait (bon resto et lit pas cher).
La nuit fut éprouvante, la chaleur m'écrase, m'étouffe et m'empêche de dormir. Avec ça, l'eczéma se réveille bien sûr, il faudra faire avec dans le sud je crois.

 DSCN1937Anjan, mon hôte CS, est docteur en médecine Ayurvedique, une médecine indienne qui se base sur l'alimentation et une hygiène de vie irreprochable. Sans doute très intéressante et sans aucun doute elle offre des résultats satisfaisants, mais elle manque cruellement de fléxibilité et s'adapte mal à une vie quotidienne spontanée. Levé 4h du mat, deux repas par jour (uniquement et exclusivement, pas de snack), végétarien bien sûr, et couché 20h. Avec plus d'une heure de transport, un volontariat toute la matinée (jusqu'à 13h) et un retour pour 18h (diner), ça ne laisse qu'un grand maximum de 4h de battement pour se reposer et visiter la ville. Je déménage donc assez rapidement dans une chambre, au centre ville, à 5 m (vrai de vrai) de la porte de Mother Thérésa House. Du volontaire le plus éloigné, je passe à un des volontaires les plus proches :-)

DSCN1943Mother Théresa, soeur catholique, fondat l'ordre des Missionaire de la Charité, à Kolkata, et consacra sa vie à s'occuper "des pauvres, des plus pauvres". Prix nobel de la paix, vénéré en Inde et sanctifié dans le monde catholique (béatifiée en 2003), elle est une icône de la compassion dans le monde entier. Les Missionaires de la Charité sont présents partout, et mère Théresa voulait aider tout le monde. Même à New York, il y a un accueil pour les malades atteint du Sida qui furent rejettés par la société à une époque où cette maladie était méconnue et faisait terriblement peur. Les soeurs des Missionaires prononcent les voeux classiques de pauvreté, chasteté et de dévotion à Dieu, mais en plus, elles font voeux de s'occuper des pauvres et nécessiteux. Il faut plusieurs années de formation avant de pouvoir intégrer l'ordre. Elles doivent nottament apprendre l'anglais, la langue officielle de l'ordre car Elles ne choisissent pas leur mission et peuvent être envoyées à n'importe quel moment, n'importe où, pour y rester une durée indéfinie. Elles sont donc souvent, après plusieurs années,  multilingues. Les soeurs (je ne sais pas pour les prêtres) ne rendent visite à leur famille qu'une fois tous les 10 ans. Pas d'ordinateur, pas de téléphone, elles ne correspondent que par courrier.
Il est possible, et ce depuis les débuts des missionnaires d'être volontaire et de les aider. Pas besoin de connaissance particulière, pas besoin de rester longtemps, et même pas besoin de prévenir. On peut, une fois sur place décider d'être volontaire pour une seule matinée.

 DSCN1848Les frangins sont partis. Je reste et ne repars pas tout de suite. J'ai d'abord envie de passer du temps avec les enfants de We Gain Zone.
Sophie accepte gentiment de m'héberger pendant cette semaine.

Merci encore Christine alias From'Ange, parce qu'elle nous est d'abord apparue pour nous offrir du fromage (à moi qui n'en mange que si rarement) et a disparu presque aussitôt. Merci donc Christine pour m'avoir introduit dans ce centre pour enfants des rues. Merci pour m'avoir invité à cuisiner avec toi, pour eux, et puisque je n'ai  pu te dire au revoir, je te souhaite ici bonne chance pour la réalisation de tes projets et sache que quelqu'un m'a dit que tu avais un coeur de tibétaine !

DSC 1013 Jean-BaptisteEt maintenant, en route direction les montagnes, le Népal. A l'aide d'un petit rickshaw, d'un train et d'un bus, l'ensemble se déroulant sans anicroche, nous sommes à la frontière du Népal le 15 janvier. On ne la traverse que le lendemain matin, le 16 pour que JB et Thyl puissent ne prendre qu'un visa de 15j, jusqu'au 30 janvier, jour de leur avion. J'avais fait quelques demandes d'hébergement sur CouchSurfing (CS) pour notre arrivée à Katmandou le 23 janvier. Nous avions en effet prévu de passer une semaine sur la route pour visiter le Népal en passant par les lieux sacrés du Boudhisme comme Lumbini (lieu de naissance de Siddhartha) et les points de vue comme Pokara, avant de visiter Katmandou et sa vallée pendant la deuxième semaine. Après la rencontre d'un couple de motards qui ne nous invitent pas franchement à suivre notre itinéraire, et alors que l'idée de passer la deuxième semaine à moto germait dans notre tête, la moto s'impose à nous comme une évidence pour visiter l'ensemble du Népal.

Je vous ai déjà parlé plein de fois de Travel With A Mission (TWAM), en vous louant les qualités de cette plateforme internet. TWAM essaye de faciliter la rencontre entre individus souhaitant partager un savoir, une connaissance ou une expérience (les Twamers) avec des individus souhaitant leur offrir un public (issus par exemple d'écoles, d'universités, d'hôpitaux, de centres communautaires, etc. - les Twamhosts).
Aujourd'hui, je suis mis à l'honneur sur leur blog, le temps d'un article.
Je vous laisse le lire. Il est très bien.

 

Yogo, tour du monde des écoles

 

“Mon Tour de Monde ? sûrement un des plus grands projets de ma vie. J’en rêve depuis tout petit. A huit ans je le planifiais déjà avec mon meilleur ami d’enfance. Puis, j’ai décidé de franchir le pas, je veux graver cette expérience de vie dans mon histoire.”

Yogo est un Twamer, parti à 23 ans faire le tour du monde par tous moyens de transport sauf l’avion pour prendre le temps du contact avec les gens, et pour des raisons écologiques. Son objectif est de rencontrer les hommes qui vivent ailleurs, différemment, découvrir leur culture, les paysages qui les entourent et leurs systèmes d’enseignement.


Pour lire la suite, rendez vous sur le blog de Travel With A Mission.

 

Autrement, vous pouvez m'écrire à Kolkata en poste restante. Afin que je reçoive votre courrier début mai, vous devez l'envoyer pendant la deuxième moitié de Mars. L'adresse est la suivante :

 

NATHANAEL LEPRETTE
Poste Restante,
GPO,
Dalhousie Square (BBD Bagh),
Calcutta
700 001